Église St MARTIN

Église St MARTIN

Eglise Saint-MartinSituation
Aulnay-la-riviere s’étire le long de l’Essonne, au pied du rebord du plateau de Beauce, légèrement au-dessus du lit de la rivière, volontiers marécageux. Il est traversé par la D 26, qui relie Pithiviers à Puiseaux en suivant la vallée, et l’axe Boynes – Malesherbes. L’église  se dresse en plein cœur du village.

HISTORIQUE ET DOCUMENTATION
Cette église a fait l’objet comme toutes celles du département, d’une courte notice de l’abbé Patron.
PATRON (abbé), Recherches historiques et archéologiques sur l’Orléanais depuis l’époque celtique jusqu’à nos jours. Orléans, 1870-71,
F.Merlet a publié deux monographies très approfondies : “ Aulnay, notre village” et “Rocheplatte”, épuisées, mais que l’on peut consulter en bibliothèque. Ouvrages fondamentaux non seulement pour Aulnay, mais pour toute la région de Pithiviers, et irremplaçables puisqu’ils nous transmettent le contenu d’archives aujourd’hui disparues (incendie des Archives départementales en 1940). Mais les archives sont peu éloquentes sur la construction des églises de villages et l’étude du monument reste indispensable.
Jacques RAUNET a étudié cette église en 1984 pour l’association Connaissance et Sauvegarde du Patrimoine. Le texte s’appuie sur ce travail.

SYNTHESE
Il est vraisemblable de penser que l’église a été construite au XIIe et comportait alors le chœur, la nef, le bas-côté sud et la base du clocher.
Au XVIe on aurait ajouté la sacristie, et 2 chapelles, en les surhaussant de façon à donner l’impression d’un transept : les traces d’un galbe à l’extérieur sur le mur sud et sur le chevet le suggèrent.
Au XVIIIe siècle, on a rajouté un étage au clocher et refait la porte ouest.
Au XIXe siècle, on a surhaussé la nef et le bas côté, d’où le décroche­ment dans la toiture, rajouté une chapelle, refait 2 voûtes du chœur, décoré l’intérieur et muré une porte. C’est peut-être à cette occasion que le faux transept sud a été abattu.

Les saints représentés dans cette église :

Antoine de Padoue :
Etymologie : latin Antonius nom de personne porté par plusieurs empereurs romains.
Données biographiques : Né à Lisbonne en 1195, mort à Padoue en 1231. Il est entré dans l’ordre franciscain à 25 ans alors que cinq frères venaient d’être martyrisés au Maroc, et a été ordonné prêtre. Il fut un prédicateur puissant, en France puis à Padoue en Italie, rappelant les exigences sociales de l’Evangile. Il mourut à 36 ans.
Culte :  il a été proclamé Docteur de l’Eglise. On l’invoque pour retrouver un objet perdu ou volé, pour les accouchements, contre la fièvre et les épizooties et pour les ânes. Il est le patron des faïenciers. Fête le 13 juin.
Iconographie : Il est représenté en moine franciscain (robe de bure brune avec une ceinture de corde) tenant un livre sur lequel se tient l’Enfant-Jésus, celui-ci dans une mandorle.

Denis :
Etymologie : grec Dionysos : fils de dieu. Dyonisos est le dieu de la vigne (équivalent romain Bacchus)
Données historiques : la tradition en fait le premier évêque de Paris, vraisemblablement au IIIème siècle. Il aurait été décapité avec ses deux compagnons le diacre Eleuthère et le prêtre Rusticus.
Données traditionnelles et légendaires : sa légende affirme qu’une fois décapité, il se serait relevé et aurait porté sa tête jusqu’à l’endroit qu’il avait choisi pour sa sépulture.
Culte : sur le lieu de son martyre fut construite l’abbaye de Saint-Denis, fondée par Clotaire III vers 625. Elle devint la sépulture des rois de France et eut de nombreuses possessions en Gâtinais et en Beauce. Une tradition a identifié ce saint à Denys l’Aréopagite que Saint Paul rencontra (Actes ch.17).  fête le 9 octobre.

Eloi :
Etymologie : latin Eligius : choisi, élu.
Données historiques : né à Chaptelat ( villa Catalacense) à une dizaine de kilomètres au Nord de Limoges en 588, il devint orfèvre. et travailla pour le roi mérovingien Clotaire II. Celui-ci, ayant apprécié sa probité, en fit  son maître de la monnaie. Ordonné prêtre en 639, il est devenu conseiller de Dagobert Ier (629 – 639) et fut sacré évêque de Noyon et Tournai en 641. Il  mourut à Noyon en 660. Ses reliques y sont conservées. Sa vie a été écrite par son ami Saint Ouen, évêque de Rouen.
Données traditionnelles et légendaires : Et l’on connaît évidemment la chanson populaire qui le met en scène. “ Froid comme le marteau de Saint Eloi ” se dit d’un homme que rien n’émeut.
Culte : fête le 1er décembre. Il est le patron des orfèvres, forgerons et autres artisans du métal, ainsi que des vétérinaires.
Iconographie : on le représente avec une enclume à ses côtés.

Martin :
Etymologie : latin Mars, dieu de la guerre
Données historiques : Il est né, probablement en 336, à Szombathély en Pannonie (Hongrie actuelle). Son père, vétéran de l’armée romaine, le prénomma Martin en l’honneur de Mars, le dieu de la guerre.
De 5 à 15 ans il vit à Pavie (Italie). Il est alors enrôlé dans l’armée romaine et envoyé en garnison à Amiens. C’est là que se situe le fameux épisode du manteau partagé avec un pauvre. Il y est baptisé à 18 ans.
Il est ensuite envoyé à Worms en 356 puis quitte l’armée. Il se rend à Poitiers auprès de l’évêque Saint Hilaire et projette de se retirer dans la solitude. Il va d’abord faire ses adieux à ses parents à Pavie et fonde un ermitage près de Milan. Chassé par les Ariens, il regagne Poitiers et s’installe à Ligugé en 360 où il fonde le premier monastère stable en Gaule. Il y est ordonné prêtre.
En 361, les Tourangeaux le choisissent pour évêque contre son gré. Pour pouvoir continuer à vivre en moine, il fonde un monastère à Marmoutiers. A partir de 375, il parcourt les campagnes avec ses moines pour convertir les paysans.
En 367, il se rend à Candes pour apaiser une querelle entre les prêtres de cette paroisse. Il y meurt le 8 novembre.
Culte : Son corps, ramené à Tours, attire les pèlerins. Dès la fin du IVème siècle, sa tombe est l’un des pèlerinages les plus importants de Gaule et le reste pendant 10 siècles. Fête le 11 novembre.
De nombreuses paroisses se sont placées sous son vocable : 3.370 lieux de culte lui sont consacrés en France, et près de 500 communes portent son nom. On le retrouve jusqu’aux confins de l’Ukraine.
Iconographie : la scène la plus souvent représentée est la “ charité de Saint Martin ”, lorsqu’il partage son manteau avec un pauvre.

Thérèse de l’Enfant Jésus :
Etymologie : du grec “ tarasia ” : originaire de Tarente.
Données historiques : naît en 1873 à Alençon dans une famille très pieuse marquée par la spiritualité de Saint François de Sales. Sa  mère meurt en 1877. Elle entre au Carmel de Lisieux à 15 ans, et y meurt tuberculeuse à 22 ans le 30 septembre 1897. Mystique, elle fonde sa spiritualité sur l’esprit d’enfance et la simplicité évangélique. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages de spiritualité dont l’“ histoire d’une âme ”.
Culte : elle est béatifiée en 1923, canonisée en 1925 et proclamée Docteur de l’Eglise en 1997 aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Paris. La basilique de Lisieux abrite ses reliques. Elle est devenue un important centre de pèlerinage. Le bâtiment, construit entre les deux guerres mondiales, est un témoin intéressant de l’architecture du temps. Patronne universelle des Missions et patronne secondaire de la France, de la Russie, ainsi que des fabricants de galons.
Fête : le 1er octobre
Iconographie : elle est représentée en carmélite (robe brune), tenant des roses (elle avait déclaré qu’elle ferait tomber une pluie de roses).

Vincent :
Etymologie  : du latin “ vincere ” : vaincre., “ vincentius ” : vainqueur
Données historiques : elles sont très fragiles. La tradition en fait un diacre de Saragosse (Espagne) martyrisé en 304 sous Dioclétien à Valence (Espagne).
Culte : il apparaît en Espagne au IVème siècle et Vincent devient le plus célèbre des martyrs espagnols. Patron des navigateurs au Portugal, des vignerons en France et en Allemagne (ceci ne peut-être à la suite d’un calembour : vin – sang car il ne fonctionne pas en espagnol et Vincent est le patron des vignerons en Espagne aussi.). La présence d’une statue ou d’une bannière signale généralement l’existence de vignes dans la paroisse.
Fête : le 22 janvier
Iconographie : il est représenté en diacre, tenant à la main une serpette à tailler la vigne ou une grappe.